06:19 …

06:20 Bon, là c’est le matin et si on me le demande, je réponds que ça va.

06:21 Ce soir j’aimerais, il le faut, ce sera la même réponse.

06:35 Écrire, ne pas rester assis, ne pas rester rassir.

06:36 Par la grande fenêtre je regarde la ville encore dans le noir se réveiller.

06:39 Au plus loin c’est une étoile qui joue à cache cache derrière les nuages poussés par le vent.

06:41 Plus près à droite, par une trouée entre les immeubles entourant le mien, des lumières.

06:46 Celles de la rive droite de La Penfeld.

06:51 Entre elles et moi quelques maisons de la rive gauche.

06:54 La lumière jaune orangée des lampadaires au sodium les sort de l’ombre.

07:00 Plus près encore, à gauche, 4 tours, et enfin, tout autour de moi, des barres de 4 étages.

07:05 Ces dernières entourent un parc.

07:09 Une grande surface d’herbe se bat avec celle goudronnée où stationnent des voitures.

07:13 Quelques unes sortent du parking et rejoignent celles qui sont déjà sur les rues.

07:17 3 ou 400 fenêtres écrivent un message codé en s’allumant et s’éteignant sans sens apparent.

07:24 Je suis au 4ème au dessus des jeux pour enfants.

la grande pelouse nous sépare du goudron.

Le jour se lève.

Dans la cage d’escalier une porte d’entrée s’ouvre et se referme dans un grand bruit de clés.

07:39 Dehors c’est le ballet aérien des goélands venus manger le pain qui leur est jeté.

C’est interdit par le bailleur social, tout le monde le sait mais il y a des résistants.

07:43 Des chiens promènent leurs humains, dérangeant les grands oiseaux bruyants.

07:46 J’avale la 104ème pilule quotidienne d’anti dépresseur.

Elle passe avec une gorgée de bière éventée restée au fond d’un verre depuis hier.

07:51 Je retombe dans le piège dès le matin.

07:55 Mon psy, nous disons toujours mon psy, étrange n’est il pas ?

07:57 Mon psy donc, m’a dit de me méfier de l’alcool qui aiderait à la création !

07:58 Ce n’est peut-être pas le bon argument pour me sauver !

07:59 Car je vous le dis, j’ai vraiment envie d’écrire!

08:01 Écrire du matin au soir, voire du soir au matin, et même du matin au matin, sans dormir.

08:05 Là, Lutte, ma compagne chatte me regarde et semble dire « sans dormir, n’importe quoi ! »

08:09 C’est à cet instant que je me dis, bin ce texte j’ai envie de le mettre en ligne.

08:11 À 9h00 pile.

08:13 Quand par un twitt je déclarerai ouvert L’Appartatelier.

08:18 L’Appartelier, c’est ainsi que Chômeur appelle son appartement.

08:21 Chômeur est le personnage principal du récit témoignage que je veux écrire.

08:23 Le soleil apparaît, magnifique au dessus des 4 étages de la barre tout à gauche.

08:25 Le soleil se bat vaillamment un court instant contre le nuage lourd et menaçant, hélas.

08:28 Si j’avais ouvert la fenêtre double vitrée nous aurions eu beaucoup de bruit.

08:34 Le chuintement continu des pneumatiques des véhicules sur les rues mouillées.

08:37 Mais je n’ai pas ouvert la grande fenêtre.

08:39 Je n’ai pas envie d’entendre le bruit du ballet mortifère des véhicules automobiles.

08:42 NPMPsy* : « Et si j’étais dépressif parce que l’humanité s’envoyait dans le mur du CO2 ? »

08:48 * NPMPsy : Note Pour Mon Psy

08:52 Oula, dans 8 minutes il sera 9h00.

08:54 « Mais ! Calme toi ! », me dis la lutte en baillant mâchoires écartelées au maximum.

08:58 plus que 2 minutes !: « Bonjour Le Monde ! Hello World ! « Et si j’étais dépressif parce que l’humanité s’envoyait dans le mur du CO2 ? »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.